Suivez les migrations d’oiseaux … à portée de clic !
Les radars ornithologiques installés par les chasseurs en France alimentent la base de données nationale AeroRad, une plateforme interactive et accessible à tous. Grâce à elle, il est possible de suivre les flux migratoires d’oiseaux et d’insectes, d’observer les directions de vol et de mieux comprendre les mouvements des oiseaux à travers tout le territoire national. Une manière simple et passionnante de se connecter à la nature et de découvrir le ballet fascinant des migrations.
Que nous disent les suivis radar en Grand Est ?
La migration en chiffres
Entre 2021 et 2025, près de 9,7 millions d’oiseaux ont été enregistrés au-dessus des radars ornithologiques en région Grand Est. Les données révèlent une prédominance de passereaux (56%), mais également la présence d’oiseaux d’eau (8%), d’hirondelles et de martinets (5%), de nuées d’oiseaux (2%) et de grands oiseaux (1,5%). Les oiseaux non identifiés représentaient 27,5% du jeu de données.
Des routes migratoires bien tracées
Les analyses de données ont révélé qu’environ 70 % des oiseaux adoptent un schéma directionnel de migration cohérent avec la saison, illustrant l’existence de trajectoires migratoires saisonnières prédictibles. En automne, après la période de reproduction, les volées choisissent majoritairement des caps allant de l’Ouest à plein Sud, tandis qu’au printemps, avant la période de reproduction, les oiseaux adoptent des trajectoires allant du Nord à plein Est, en direction des zones de reproduction situées en Scandinavie, dans les pays Baltes, en Europe de l’Est et en Russie.
Un rythme migratoire calé sur l’horloge céleste
L’étude radar a permis d’identifier des comportements de vol atypiques. Les oiseaux montent au crépuscule (100-300m), traversent la nuit à moyenne altitude (300-600m), descendent à l’aube, puis effectuent des déplacements à basse altitude (<200m) pendant la journée. Les analyses de données révèlent qu’environ 75% de migration d’oiseaux se déroulent la nuit, et plus de la moitié à basse altitude, entre 100 et 500 m. L’activité quotidienne des oiseaux commence dès 16 h, devient intense en fin d’après-midi et au début de la nuit, puis ralentit fortement après le lever du jour.
Les grands passages d’automne
Octobre est le mois des grands passages, avec des flux d’oiseaux particulièrement importants, alors qu’en hiver (décembre-janvier), les déplacements se font rares, sans doute freinés par les conditions météorologiques plus rudes : froid, précipitations. Ces mouvements correspondent aux grands départs d’oiseaux provenant d’Europe de l’Est et des pays scandinaves, qui font halte en France avant de rejoindre leurs zones d’hivernage. Certains s’installent en Europe méridionale ou en Afrique du Nord, tandis que d’autres poursuivent leur route jusqu’aux régions subsahariennes.
De retours vers les zones de reproduction
Les migrations de retour au printemps commencent dès le mois de février, s’intensifient en mars et ralentissent progressivement en avril. Lors de leur migration de retour, les oiseaux survolent la France en empruntant majoritairement des trajectoires orientées vers le Nord-Est, en direction des pays Scandinaves, des pays Baltes et, plus largement, de l’Europe de l’Est et de la Russie, afin de regagner leurs aires de reproduction.
Pour plus de détails et de découvertes, retrouvez l’étude régionale complète directement sur notre site internet.
Citation — Froustey, N. 2025. Étude des mouvements d’oiseaux et quantification des flux migratoires à l’aide de radars ornithologiques en région Grand Est. Rapport Technique et Scientifique FRC Grand Est, 42 p.