Les Fédérations des chasseurs du Grand Est contribuent à l’observation des oiseaux communs

  • Accueil
  • Actualité
  • Les Fédérations des chasseurs du Grand Est contribuent à l’observation des oiseaux communs

STOC-SHOC, de quoi s’agit-il ?

Depuis plus de trois décennies, le MNHN coordonne les protocoles STOC et SHOC[1], ce sont des dispositifs de références à l’échelle nationale. Le STOC est basé sur des points d’écoute standardisés, ce qui permet d’estimer les variations d’effectifs des espèces nicheuses les plus communes. Cependant, il ne couvre pas les espèces présentes en période hivernale. Afin de pallier cette limite, le SHOC[2] a été développé. Reposant sur des transects pédestres répétés, il permet de recenser les oiseaux vus ou entendus en hiver. L’articulation STOC-SHOC offre ainsi une vision annuelle des niveaux d’abondance des oiseaux au fil des saisons. Accessibles à tout observateur formé à la reconnaissance visuelle et auditive des espèces, ces protocoles constituent un pilier de la surveillance de la biodiversité.

Comment sont utilisés les données ?

L’analyse pluriannuelle des données permet de produire des indicateurs synthétiques de l’état de santé des populations d’oiseaux communs. Ces indicateurs sont essentiels pour comprendre les effets des changements d’usage des sols, de l’intensification agricole ou encore du changement climatique.

Au-delà de la recherche, ils contribuent notamment à l’actualisation des niveaux de protection des oiseaux, en lien avec les standards méthodologiques de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (IUCN)[1]. Les tendances démographiques observées sur les dix dernières années constituent en effet un critère déterminant pour évaluer le risque d’extinction des espèces, et la mise en place de solutions.

Mobilisation collective des chasseurs du Grand Est

La qualité et la continuité des suivis reposent sur l’implication d’un réseau diversifié d’acteurs de terrain. À ce titre, la participation des Fédérations des chasseurs, notamment dans le Grand Est, illustre la montée en puissance d’une approche partenariale de la connaissance écologique.

Bien que les suivis STOC et SHOC soient réalisés depuis plusieurs années dans le Grand Est, leur intégration aux analyses du MNHN n’est effective que depuis 2024. Cette évolution permet désormais de valoriser pleinement les données collectées sur le territoire et de renforcer notre contribution aux évaluations nationales de la biodiversité.

À ce jour, près de 296 km² font l’objet d’un suivi régulier, avec cinq passages annuels. Grâce à la mobilisation des observateurs et à la continuité des suivis, plus de 88 000 oiseaux ont été recensés et intégrés aux bases de données nationales.

Parmi les espèces patrimoniales les plus représentées figurent l’Alouette des champs, avec plus de 6 500 individus recensés, la Linotte mélodieuse (plus de 1 100 individus) et le Vanneau huppé (plus de 1 000 individus). Ces espèces, caractéristiques des milieux agricoles, connaissent des tendances défavorables à différentes échelles et constituent des indicateurs pertinents de l’état de conservation des paysages ouverts. Le Bruant jaune, la Perdrix grise et la Tourterelle des bois présentent également un intérêt particulier, cette dernière figurant parmi l’une des espèces les plus vulnérables à l’échelle nationale. L’ensemble de ces résultats constitue une source d’information scientifique précieuse pour suivre l’évolution des populations d’oiseaux et mieux comprendre pourquoi ils disparaissent.