Les chasseurs du Grand Est mobilisés pour le suivi des oiseaux communs
Les dix Fédérations Départementales des Chasseurs du Grand Est participent activement aux suivis STOC (Suivi Temporel des Oiseaux Communs), en lien avec la LPO (Ligue pour la Protection des Oiseaux) et le MNHN (Muséum National d’Histoire Naturelle). Cette action s’inscrit dans le cadre d’un programme national, visant à mieux comprendre l’évolution des populations d’oiseaux en France.
Un protocole rigoureux pour suivre la biodiversité
Chaque printemps, les Fédérations réalisent des relevés sur soixante sites répartis dans toute la région Grand Est. Ces sites ne sont pas choisis librement : ils sont tirés au sort dans une grille couvrant le territoire, afin d’assurer une représentativité scientifique. Chaque carré suivi mesure 2 km de côté.
À l’intérieur de chaque carré, dix points d’écoute sont définis. À chacun de ces points, un observateur reste immobile et observe l’environnement pendant cinq minutes, dans les quatre heures suivant le lever du soleil. Durant ce temps, il note toutes les espèces d’oiseaux entendues ou vues. Trois passages sont réalisés dans l’année : un en mars, un en avril, et un entre le 15 mai et le 15 juin. Cela permet de dénombrer les espèces migratrices comme les espèces sédentaires à différents moments de leur cycle de vie (arrivée sur les sites de nidification, reproduction, etc.).
Un complément hivernal : le protocole SHOC
En plus des suivis printaniers, un second programme, le SHOC (Suivi Hivernal des Oiseaux Communs), est mené en hiver sur les mêmes sites. Contrairement au STOC qui repose sur des points fixes, le SHOC utilise des parcours appelés « transects », au cours desquels l’observateur marche sur un itinéraire défini et note les oiseaux rencontrés. Ce protocole permet de recueillir des données précieuses sur les populations d’oiseaux en période hivernale, souvent moins bien connues.
Des résultats concrets et partagés
À titre d’exemple, la Fédération Régionale des Chasseurs du Grand Est suit cette année le site de l’Épine, situé près de Châlons-en-Champagne (Marne). Lors des trois passages réalisés au printemps, 530 oiseaux ont été observés ou entendus, représentant 37 espèces différentes. Certaines d’entre elles sont peu communes, voire d’intérêt patrimonial, c’est-à-dire qu’elles présentent un enjeu de conservation particulier.
Au total, ce sont plus de 136 espèces qui ont été recensées cette année par les Fédérations des chasseurs sur l’ensemble du Grand Est. Toutes ces données sont transmises et intégrées dans les bases nationales Faune France et ISIGEO, qui alimentent ensuite les travaux de recherche du MNHN et contribuent aux politiques de conservation de la biodiversité à l’échelle nationale. PHOTO POUR ILLUSTRER